Les fondateurs de Noil, le rétrofit des deux et trois roues

Le rétrofit s’adresse aussi bien aux mobylettes et scooters, des véhicules vintages comme le Solex au MP3 en passant par la Vespa.

Trois compétences complémentaires et une même vision de la mobilité urbaine

Noil, c’est l’histoire de 3 amis d’enfance, Clément, Raphaël et Victor, animés par la même passion, les deux roues. Après leurs études, respectivement, de Commerce, de Droit et d’Ingénierie Mécanique, ils n’arrivent pas à revendre leurs vieux scooters. Animés d’une conscience écologique, ils se tournent vers l’offre des deux roues électriques neufs. Mais rien ne leur convient. Tout d’abord le design proposé ne trouve pas grâce à leurs yeux ; la position de conduite non plus ; ils trouvent que c’est un gâchis de ressources ; et puis le prix d’achat (6 400 € contre 3 200€ pour un 50cc thermique), même avec une prime à l’achat, reste élevé.

Alors plutôt que de les mettre à la casse, ils décident de tenter la transformation énergétique électrique de leurs engins et de les rétrofiter. Ça marche. La volonté d’entreprendre ; l’envie de participer à un environnement plus vert et moins bruyant en ville ; des compétences complémentaires et une même vision font le reste. Noil est créée en mai 2019.

Le constat du bruit émis, des odeurs de carburation, des vibrations, l’utilisation plus utilitaire que plaisir – la distance quotidienne d’un véhicule deux roues est de 8 km pour toutes les catégories de cylindrées – montrent que le scooter à une fonction dépassée dans le paysage urbain comme véhicule thermique. La vision de la mobilité de Noil, est d’accélérer la transition énergétique du parc de véhicules de deux et trois roues en circulation. Ça passe par la conversion de véhicules et le marché semble prêt, vues les pré-commandes déjà enregistrées. De plus, les véhicules convertis par Noil ont une autonomie de 50 km pour les 50cm3 et de 100 km pour les 125 cm3. 

Les gammes de deux et trois roues rétrofités

Noil dispose déjà de trois gammes. Les véhicules vintages comme les mythiques Solex, 103, Vespa 50 et PX 125 peuvent bénéficier d’une deuxième vie après avoir été « oubliés » dans un garage. D’autres véhicules peuvent en bénéficier comme le Ciao ou l’iconique Bleue de Motobécane sont à venir. 

Parmi les scooters contemporains, vous aurez le choix entre les Vespa 125 et Granturismo ou le Yamaha X-Max, mais aussi le fameux MP3 (bientôt disponible). Une autre gamme apparaîtra avec des scooters à vocation plus utilitaires, destinés à la livraison, comme le Liberty, est aussi disponible.

Pour coller au marché, Noil propose aussi de voter sur une page dédiée pour le prochain scooter qui pourra être rétrofité. Aujourd’hui, avec surprise, c’est le BMW C1 qui est plébiscité par ses propriétaires. Une explication, ce scooter, utilisable sans casque, est classé Crit’Air 4 et est d’ores et déjà condamné dans le Grand Paris. Un passage à l’électrique lui permettra de poursuivre sa route avec une vignette verte ! Et il ne faut pas oublier qu’en 2022 ce sera au tour des véhicules Crit’Air 3.

Donc c’est la démarche la plus écologique, la plus économique et même la plus sociétale parce que la conversion de véhicules permettra de tonifier les garagistes de proximité qui installeront les kits, développeront leur relations clients et continueront à effectuer l’entretien pneus, freins, etc. des deux et trois roues.

La première homologation est prévue en janvier, un peu de retard a été pris avec le confinement et puis cinq véhicules différents seront en homologation en 2021. L’équipe travaille dur afin de pouvoir répondre à la demande.

Quel avenir du rétrofit de deux et trois roues d’ici 5 ans ?

Pour Noil, il y aura toujours des véhicules à électrifier puisque les véhicules qui sortent aujourd’hui sont encore en thermique ! Il n’y a que 2 % du parc qui est électrique, donc il y a un énorme travail. Noil espère devenir un acteur majeur de la mobilité électrique d’ici à 5 ans que ce soit en France ou en Europe. Il y a une grande utilisation du deux-roues en Allemagne, en Italie, en Espagne et même au Royaume Uni.

L’avenir de la moto électrique ou l’hypothèse d’une moto rétrofité est une question souvent posée à Noil. Ce n’est pas leur cœur de métier, peut-être que ça le deviendra. Il y a d’abord une contrainte technique. A part sur de rares véhicules, il n’y a que très peu de place pour intégrer un kit électrique. Pour Clément, Raphaël et Victor, étant aussi motard, la moto est surtout un objet plaisir à mettre en opposition avec le côté plus utilitaire du scooter. Le monde motard n’est pas vraiment prêt à rétrofiter une machine dont le moteur et les échappements font partie intégrante de la moto… 


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